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fremaraguijea

A L’ÉCOLE ON APPREND A LIRE, A ÉCRIRE ET A COMPTER

A L’ÉCOLE ON APPREND A LIRE, A ÉCRIRE ET A COMPTER

Voilà déjà plusieurs jours que je ne suis pas venu. Je ne veux pas me forcer, mais si j'espace mes visites pour venir déposer, le projet risque d'avorter. Ce n'est pas du tout l'intention. J'ai beaucoup de choses à publier. Le matériel est là. Il me faut juste me discipliner un peu.

En mars 2005, on fêtait le 20ème anniversaire du Lycée français de Luxembourg. J'étais à l'époque Président de l'Association des Parents d’Élèves et membre du conseil d'administration. Je ne savais pas encore à l'époque que mon ami PPC (du même groupe bancaire que moi - ce qui explique le 19ème petit clin d'oeil) serait rappelé à Paris et que je prendrais la Présidence du conseil (si j'avais su..., mais c'est une autre histoire !)

Pour célébrer ces 20 ans, chacun devait y aller de son discours. Voici celui que j'ai prononcé, en m'aidant de l'excellent Jean-Loup Chifflet qui a toujours été pour moi une grande source d'inspiration lorsqu'il faut prendre la parole en public et chercher à faire sourire...

Comme ancien président de l’Association des Parents d’Élèves je voudrais simplement remercier ici publiquement tous les professeurs pour l’imagination dont ils savent faire preuve dans la distribution de leurs punitions.

La formule du « vous me le copierez 100 fois » est une formule qui marche bien depuis que l’école existe. Elle est utile, efficace, formatrice, éducatrice. Elle ne vieillit pas, elle n’a pas pris une seule ride depuis Jules Ferry. Des générations entières d’écoliers en ont bénéficié. Cela fait 20 ans qu’elle existe à Vauban et j’espère sincèrement qu’elle sera toujours en place, et avec la même vigueur, lorsque nos petits enfants viendront fêter les 50 ans de cet établissement.

Pour marquer notre gratitude à tous les éducateurs de perpétuer le genre, j’ai essayé de me glisser dans la peau du professeur qui lors d’une réunion de parents suggère à l’un ou l’autre d’entre nous de bien expliquer à nos turbulents enfants rêveurs à quoi sert l’école, et j’imagine sans peine que parfois il passe par la tête de l’un ou l’autre d’entre eux, pour ne pas oublier de transmettre le message à nos têtes blondes ou brunes, l’envie de nous coller 100 lignes, du style :

A L’ÉCOLE ON APPREND A LIRE, A ÉCRIRE ET A COMPTER

100 lignes seraient un peu longues. Mais en forme d’hommage à cette punition, en voici 20, une par année, puisque nous célébrons nos vingt ans.

1 - PASSE SIMPLE

A l’école où vous allâtes, vous lûtes, vous écrivîtes et résolûtes des problèmes de mathématiques.

2 - IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

Il eût fallu que vous allassiez à l’école, que vous y lussiez, que vous écrivissiez et que vous vous exerçassiez à résoudre des problèmes de mathématiques.

3 - MONOSYLLABIQUES

En cours, tu lis, tu mets des mots à la queue leu leu tant bien que mal. Tu joues à deux plus deux. Ça plaît à tes profs.

4 - PLEONASME

Avant d’aller à l’école, je n’y allais pas. Mais depuis que j’y vais, je m’y rends. J’y apprend à lire en identifiant des groupes de caractères typographiques ; j’en trace même quand j’écris. Pour compter, je me sers de chiffres ; quand je ne m’en sers pas, je ne compte pas. Lorsque je ne suis pas à l’école, je suis ailleurs.

5 – CONJONCTION DE COORDINATION

Or au lycée ou au collège (car on va à l’un ou à l’autre), j’apprenais à lire, à écrire, et à compter, mais je n’apprenais pas à rapper. Donc, je n’y vais plus.

6 - SYNONYMES

L’école fait de l’apprenti un anagnoste, un logographe et un comptable ; elle produit aussi des analphabètes.

7 - APPROBATIF

L’école, qu’est-ce que c’est bien ! On y apprend à lire, qu’est-ce que c’est utile ! Et les livres, qu’est-ce que c’est chouette, surtout ceux avec des images ! Et l’écriture, qu’est-ce que c’est pratique ! Et les maths, alors ! Qu’est-ce que c’est excitant !

8 - EMOTIF

Mon cœur palpite quand je pars pour l’école. Je frissonne à l’heure de la lecture, l’annonce de la rédaction fait hérisser ma peau d’une plaisante ardeur. Je tremble de tous mes membres à l’idée de compter.

9 - MILITANT

A l’école publique, camarade, avec d’autres enfants du peuple, tu apprendras la citoyenneté et accessoirement à lire la pensée des camarades philosophes, à rédiger des tracts libertaires, et à te pencher avec profit sur les problèmes scandaleux du tiers-monde. Salut et fraternité.

10 - ANXIEUX

Fasse le ciel qu’il y ait de la place à l’école ! Puisse-t-il y avoir assez de professeurs ! Quel bonheur si j’étais assis entre mes deux meilleurs copains ! Pourvu que ce ne soit pas trop difficile d’apprendre à lire, écrire et compter.

11 - PÉRIPHRASE EMPHATIQUE

La plus lourde institution républicaine éduque les filles et fils de France, leur apprend à lire les œuvres immortelles de nos glorieux aïeux, à écrire et à plonger dans l’immensité infinie des nombres.

12 - CONVOCATION

Vous êtes attendu le 02/09 à 8h30 au 4, rue Joseph Sax. Programme imposé : lecture, écriture, calcul tous les jours sauf le mardi après-midi, le samedi et le dimanche. On peut réserver ses repas.

13 - ÉCHO

En classe, las ! les gens apprennent, haine ! à lire, écrire, ire ! et devenir matheux, euh !

14 - POIL AU …

A l’école, poil aux guiboles, l’écolier, poil au pied, lira des histoires, poil aux mâchoires, il en écrira aussi, poil au zizi, et il fera du calcul, poil au derrière.

15 - ARGOT

Au bahut, les gniards apprennent à jaspiner correct, à se rincer l’œil dans des feuilles de chou sans images, à torcher des bafouilles recta, et à se calter des probloques à la noise, pour ne pas prendre de beignes.

16 - FREUD

A l’école, un groupe de pervers polymorphes apprennent à socialiser leurs complexes d’Œdipe, au moyen de bâtons, chiffres et lettres.

17 - CHARADE A TIROIRS

Mon premier ne croit pas en Dieu. Mon second vaut de l’or. Et mon tout on y va pour apprendre à lire, écrire et compter.

Mon premier : laid, parce que l’athée laid.

Mon second : colle, parce que le carat vaut de l’or et le carat colle.

18 - ALEXANDRINS

A l’école où l’enfant s’applique au quotidien,

Il apprend à écrire, à lire et compter bien.

19 - CRÉDIT AGRICOLE

Au collège, vingt dioux, les galopins zécrivont de l’angélus de l’aube à l’angélus du soir, crénom ! Y faisont aussi des problèmes d’arpents et de la lecture, vingt dioux !

20 - PÉRORAISON

Et c’est pourquoi nous formulerons sans complexes le vœu que désormais l’école soit accessible à tous, sans distinction de sexe, de classe sociale ou d’origine ethnique, et que tous y apprennent, dans le respect des autres, à lire, à écrire et à compter !

Comme vous semblez avoir aimé, je vous offre cette 21ième ligne sous forme de bonus :

AN DER SCHOUL, LEIEREN MIR ZE LIESEN, ZE SCHREIWEN AN ZE ZIELEN !

Merci encore une fois à tous ceux qui depuis vingt ans ont donné sans compter à cet établissement.

Longue vie à Vauban

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